Interview d'Ellay Khule the Rifleman (Hip Hop Kclan)
Dans le rap depuis 1987, Ellay Khule fait partie de ses MCs pour qui performance n’est pas un vain mot et qui a fait de sa recherche un leitmotiv depuis ses premières heures au Goodlife Café à Los Angeles. Que ce soit en solo ou avec son groupe Hip Hop Kclan, cet acharné de l’indépendance a continué tant bien que mal à sortir des disques malgré des moyens plus que limités. Entretien début 2005 avec la gâchette la plus rapide de l’Ouest.
Je sais d’où vient "Rifleman" mais en revanche, j’ignore d’où vient ton pseudo "Ellay Khule". Peux-tu expliquer son origine ?
Ellay Khule : Je suis MC sous ce nom depuis 1987, ça me vient d’un prof à l’école qui nous avait parlé de la façon dont les esclaves obtenaient leur nom. Ça dépendait d’où ils étaient et de leur caractère, par exemple Carolina Mad ou Sad Tex… Du coup, j’ai choisi L.A. Cool.
Comment es-tu passé d’une vie de gangster à la vie d’artiste ? Quels liens gardes-tu avec ton gang ?
Ellay Khule : Je me considère pas comme un gangsta, plus comme quelqu’un de la rue avec tout ce que cela implique. J’ai été associé avec deux "organisations" : une bande qui est devenu un gang et un gang déjà bien établi. De la première, je revois quelques personnes de temps en temps mais pour le gang, on se voit tout le temps, on a grandi ensemble.
De qui est composé Hip Hop Kclan aujourd’hui ? Qui en a fait partie ?
Ellay Khule : Aujourd’hui, Hip Hop Kclan c’est Ellay Khule Rifleman, Pterradacto et DJ Troo. Auparavant, il y a eu d’autres MCs, les plus connus étant Wreccless et Othawize.
Peux-tu nous parler de tes deux personnalités, Ellay Khule et Rifleman ?
Ellay Khule : Ellay Khule est plus Hip Hop et créatif, Rifleman a plus un coté "street" dans sa musique et son vocabulaire.
Quels sont tes albums et tes titres préférés parmi ceux que tu as réalisé ?
Ellay Khule : L’album que je préfère, c’est celui de Hip Hop Kclan "Thomakazee". Pour les morceaux, c’est difficile à dire… Peut être "Transmitting live", "Telecommunications", "Narcolepsy". Ah mec, y en a trop, j’ai pas de préféré, il y a beaucoup de titres que j’apprécie mais qui ne sont pas encore sortis.
Comment le Project Blowed est-il considéré par les autres artistes à L.A. ?
Ellay Khule : Il y en a qui nous apprécient, d’autres pas, ça dépend de leurs gouts en matière de musique. On est encore vraiment underground, notre notoriété est assez restreinte. Nous ne sommes pas des références, on en est même encore loin.
Qui fait partie du Project Blowed ? Combien de générations de Blowedians dirais tu qu'il y ait ?
Ellay Khule : Je ne peux pas nommer tous les crews du Blowed… Il y a beaucoup beaucoup trop de gens à nommer, ça va de 5 à 65 ans dans le Blowed… Donc tu peux en déduire le nombre de générations !
Quels sont tes meilleurs souvenirs de la période Project Blowed ?
Ellay Khule : Hum… Quand la police s’est pointée sans aucune raison et a voulu nous disperser alors qu’on ne faisait rien de mal. Ça a tourné à la mini émeute, les MCs ont commencé à rapper sur les flics, j’ai kiffé. Il y a aussi tous les mecs connus qui sont passés au Blowed, toutes les battles qui ont eu lieu… Même Fat Joe s’est fait huer, c’était mémorable.
J’ai lu que tu avais affronté pas mal de MCs à cette époque. Tu peux donner quelques noms ?
Ellay Khule : Clasher des MCs mainstream ? Je ne veux tailler personne mais il y en a un que tout le monde connaît, c’est Eminem. Il y a eu un battle un contre un entre Othawise et lui et un "crew battle" avec Eminem, Juice, Thirteen Howl III, Wordsworth & Quest The Mad Lab contre Aceyalone, Othawise, Riddlore, P.E.A.C.E et moi. On les a tué bien sur.
Pour quelles raisons avez-vous quitter le Goodlife ?
Ellay Khule : Parce qu’on avait grandi : quand on y est entré, on était des enfants. On l’a quitté en tant que jeunes adultes.
Peux-tu expliquer ce qui s’est passé avec Log Cabin ?
Ellay Khule : Rien, on les défonçait à chaque fois qu’on les croisait donc ils se sont séparés. C’est tout.
Quel est le principal problème que tu rencontres dans la promotion de ta musique ?
Ellay Khule : Je fais tout tout seul, il n’y a personne pour faire quoi que ce soit pour moi-même si j’aimerais bien. Les t-shirts c’est moi qui les ai fait. Les tournées, c’est moi qui les organise. Je suis mon manager, mon attaché de presse, mon avocat, mon garde du corps…
Quelles sont tes relations avec les majors ?
Ellay Khule : Il n’y en a aucune parce qu’ils ne savent pas comment s’occuper d’un MC comme moi. En fait, je ne suis même pas sur qu’ils me connaissent, n’oubliez pas que je fais tout moi même.
Qu’est-ce que t’apporte ton site web ?
Ellay Khule : Ça permet juste aux gens de se tenir au courant et de pouvoir discuter avec moi.
Comment expliques-tu le fait que tu n’ais pas de label pour ton nouvel album ?
Ellay Khule : J’ai un label pour mon nouvel album, "Project Blowed Recordings" mais ça prend tellement de temps… pour plein de raisons. La scène underground est en train de changer ici. Il y a des mecs comme Anticon ou les Rhymesayers et tous ces mecs qui nous ressemblent et sonnent comme nous. Maintenant, les mecs sont là à dire "Okay, on peut s'arranger avec ces mecs moins agressifs, avec des personnalités plus lisses et des flows plus calmes et posés"… mais ils restent toujours influencés par notre style ! C’est ça qui est dingue !
Aux Etats-Unis, le public underground a toujours été majoritairement composé d’ados blancs. Aujourd’hui, il y a tous ces mecs là qui font ce qu’on fait et quelque part, ça nous ferme un peu les portes. Ils bénéficient de meilleurs studios, de meilleurs producteurs. Leurs titres ne sont pas forcément meilleurs mais ils sonneront mieux grâce aux mix, etc… Pendant ce temps là, nous, on est toujours en bas de l’échelle, et mec, on n’est pas riches ! On vit toujours dans le hood. Et donc maintenant des labels underground cherchent à signer ce genre de groupes et il y en a plein qui montent... Trop pour vraiment suivre.
Est-ce que tu peux nous parler un peu de ce nouvel album ? Combien de titres sont déjà enregistrés ? Qui sont les producteurs et les featurings ?
Ellay Khule : Tout est fini. OD et Nobody se sont occupés des productions et il y a un titre produit par Keyzasoze, un Allemand.
Pour quelles raisons as-tu décide de faire le free album "Bullet bulletins" ?
Ellay Khule : C’est un très bon moyen de promotion et la plupart des titres ne m’appartenaient pas ou alors j’ignorais de qui étaient les prods. J’aimais bien les sons, j’aimais bien ce que j’en avais fait donc voilà…
Avec quels artistes n’appartenant pas au Project Blowed (MCs et producteurs) aimerais-tu travailler ?
Ellay Khule : Timbaland, Dr. Dre, Premier… Y a pas mal de monde mais bon, en fait je m’en fous un peu (rires).
Que penses-tu du fait qu’il y ait de plus en plus de MCs qui utilisent le fast rhyming ? Pour lesquels as-tu du respect ?
Ellay Khule : Le "fast rhyming", c’est notre truc à nous… mais je sais qu’on a beaucoup influencé la musique. Je pense que des mecs comme Twista, Brotha Lynch Hung et Tech N9ne sont forts dans ce domaine.
Quels sont tes projets solos ? Avec Hip Hop Kclan ? Avec ta nièce Neika ? Avec d’autres artistes ?
Ellay Khule : Je travaille juste sur mon album solo pour le moment. C’est parfois un peu pénible d’avoir à motiver tout le monde pour travailler dans une bonne ambiance. C’est pour ça qu’aujourd’hui je fais beaucoup de choses en solo, aussi bien en tant que Ellay qu’en tant que Rifleman.
Je sais d’où vient "Rifleman" mais en revanche, j’ignore d’où vient ton pseudo "Ellay Khule". Peux-tu expliquer son origine ?
Ellay Khule : Je suis MC sous ce nom depuis 1987, ça me vient d’un prof à l’école qui nous avait parlé de la façon dont les esclaves obtenaient leur nom. Ça dépendait d’où ils étaient et de leur caractère, par exemple Carolina Mad ou Sad Tex… Du coup, j’ai choisi L.A. Cool.
Comment es-tu passé d’une vie de gangster à la vie d’artiste ? Quels liens gardes-tu avec ton gang ?
Ellay Khule : Je me considère pas comme un gangsta, plus comme quelqu’un de la rue avec tout ce que cela implique. J’ai été associé avec deux "organisations" : une bande qui est devenu un gang et un gang déjà bien établi. De la première, je revois quelques personnes de temps en temps mais pour le gang, on se voit tout le temps, on a grandi ensemble.
De qui est composé Hip Hop Kclan aujourd’hui ? Qui en a fait partie ?
Ellay Khule : Aujourd’hui, Hip Hop Kclan c’est Ellay Khule Rifleman, Pterradacto et DJ Troo. Auparavant, il y a eu d’autres MCs, les plus connus étant Wreccless et Othawize.
Peux-tu nous parler de tes deux personnalités, Ellay Khule et Rifleman ?
Ellay Khule : Ellay Khule est plus Hip Hop et créatif, Rifleman a plus un coté "street" dans sa musique et son vocabulaire.
Quels sont tes albums et tes titres préférés parmi ceux que tu as réalisé ?
Ellay Khule : L’album que je préfère, c’est celui de Hip Hop Kclan "Thomakazee". Pour les morceaux, c’est difficile à dire… Peut être "Transmitting live", "Telecommunications", "Narcolepsy". Ah mec, y en a trop, j’ai pas de préféré, il y a beaucoup de titres que j’apprécie mais qui ne sont pas encore sortis.
Comment le Project Blowed est-il considéré par les autres artistes à L.A. ?
Ellay Khule : Il y en a qui nous apprécient, d’autres pas, ça dépend de leurs gouts en matière de musique. On est encore vraiment underground, notre notoriété est assez restreinte. Nous ne sommes pas des références, on en est même encore loin.
Qui fait partie du Project Blowed ? Combien de générations de Blowedians dirais tu qu'il y ait ?
Ellay Khule : Je ne peux pas nommer tous les crews du Blowed… Il y a beaucoup beaucoup trop de gens à nommer, ça va de 5 à 65 ans dans le Blowed… Donc tu peux en déduire le nombre de générations !
Quels sont tes meilleurs souvenirs de la période Project Blowed ?
Ellay Khule : Hum… Quand la police s’est pointée sans aucune raison et a voulu nous disperser alors qu’on ne faisait rien de mal. Ça a tourné à la mini émeute, les MCs ont commencé à rapper sur les flics, j’ai kiffé. Il y a aussi tous les mecs connus qui sont passés au Blowed, toutes les battles qui ont eu lieu… Même Fat Joe s’est fait huer, c’était mémorable.
J’ai lu que tu avais affronté pas mal de MCs à cette époque. Tu peux donner quelques noms ?
Ellay Khule : Clasher des MCs mainstream ? Je ne veux tailler personne mais il y en a un que tout le monde connaît, c’est Eminem. Il y a eu un battle un contre un entre Othawise et lui et un "crew battle" avec Eminem, Juice, Thirteen Howl III, Wordsworth & Quest The Mad Lab contre Aceyalone, Othawise, Riddlore, P.E.A.C.E et moi. On les a tué bien sur.
Pour quelles raisons avez-vous quitter le Goodlife ?
Ellay Khule : Parce qu’on avait grandi : quand on y est entré, on était des enfants. On l’a quitté en tant que jeunes adultes.
Peux-tu expliquer ce qui s’est passé avec Log Cabin ?
Ellay Khule : Rien, on les défonçait à chaque fois qu’on les croisait donc ils se sont séparés. C’est tout.
Quel est le principal problème que tu rencontres dans la promotion de ta musique ?
Ellay Khule : Je fais tout tout seul, il n’y a personne pour faire quoi que ce soit pour moi-même si j’aimerais bien. Les t-shirts c’est moi qui les ai fait. Les tournées, c’est moi qui les organise. Je suis mon manager, mon attaché de presse, mon avocat, mon garde du corps…
Quelles sont tes relations avec les majors ?
Ellay Khule : Il n’y en a aucune parce qu’ils ne savent pas comment s’occuper d’un MC comme moi. En fait, je ne suis même pas sur qu’ils me connaissent, n’oubliez pas que je fais tout moi même.
Qu’est-ce que t’apporte ton site web ?
Ellay Khule : Ça permet juste aux gens de se tenir au courant et de pouvoir discuter avec moi.
Comment expliques-tu le fait que tu n’ais pas de label pour ton nouvel album ?
Ellay Khule : J’ai un label pour mon nouvel album, "Project Blowed Recordings" mais ça prend tellement de temps… pour plein de raisons. La scène underground est en train de changer ici. Il y a des mecs comme Anticon ou les Rhymesayers et tous ces mecs qui nous ressemblent et sonnent comme nous. Maintenant, les mecs sont là à dire "Okay, on peut s'arranger avec ces mecs moins agressifs, avec des personnalités plus lisses et des flows plus calmes et posés"… mais ils restent toujours influencés par notre style ! C’est ça qui est dingue !
Aux Etats-Unis, le public underground a toujours été majoritairement composé d’ados blancs. Aujourd’hui, il y a tous ces mecs là qui font ce qu’on fait et quelque part, ça nous ferme un peu les portes. Ils bénéficient de meilleurs studios, de meilleurs producteurs. Leurs titres ne sont pas forcément meilleurs mais ils sonneront mieux grâce aux mix, etc… Pendant ce temps là, nous, on est toujours en bas de l’échelle, et mec, on n’est pas riches ! On vit toujours dans le hood. Et donc maintenant des labels underground cherchent à signer ce genre de groupes et il y en a plein qui montent... Trop pour vraiment suivre.
Est-ce que tu peux nous parler un peu de ce nouvel album ? Combien de titres sont déjà enregistrés ? Qui sont les producteurs et les featurings ?
Ellay Khule : Tout est fini. OD et Nobody se sont occupés des productions et il y a un titre produit par Keyzasoze, un Allemand.
Pour quelles raisons as-tu décide de faire le free album "Bullet bulletins" ?
Ellay Khule : C’est un très bon moyen de promotion et la plupart des titres ne m’appartenaient pas ou alors j’ignorais de qui étaient les prods. J’aimais bien les sons, j’aimais bien ce que j’en avais fait donc voilà…
Avec quels artistes n’appartenant pas au Project Blowed (MCs et producteurs) aimerais-tu travailler ?
Ellay Khule : Timbaland, Dr. Dre, Premier… Y a pas mal de monde mais bon, en fait je m’en fous un peu (rires).
Que penses-tu du fait qu’il y ait de plus en plus de MCs qui utilisent le fast rhyming ? Pour lesquels as-tu du respect ?
Ellay Khule : Le "fast rhyming", c’est notre truc à nous… mais je sais qu’on a beaucoup influencé la musique. Je pense que des mecs comme Twista, Brotha Lynch Hung et Tech N9ne sont forts dans ce domaine.
Quels sont tes projets solos ? Avec Hip Hop Kclan ? Avec ta nièce Neika ? Avec d’autres artistes ?
Ellay Khule : Je travaille juste sur mon album solo pour le moment. C’est parfois un peu pénible d’avoir à motiver tout le monde pour travailler dans une bonne ambiance. C’est pour ça qu’aujourd’hui je fais beaucoup de choses en solo, aussi bien en tant que Ellay qu’en tant que Rifleman.
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